Vous venez de signer votre bail. Le propriétaire vous demande une attestation d’assurance. Vous appelez le premier assureur venu, vous souscrivez en 10 minutes, vous envoyez l’attestation. Affaire réglée.
Jusqu’au jour où le voisin du dessus oublie de fermer son robinet. Votre salon se transforme en piscine. Vous appelez votre assurance. Réponse : “Désolé, les dégâts aux biens de valeur ne sont couverts qu’à hauteur de 2 000 €.” Votre canapé à 1 500 €, votre télé à 1 200 €, votre ordinateur à 900 € ? Total 3 600 €. Vous touchez 2 000 €. Vous perdez 1 600 €.
Vous vous dites : “J’aurais dû lire le contrat.”
La multirisque habitation, tout le monde en a une. Mais personne ne sait vraiment ce qu’elle couvre. Résultat : on paie trop cher pour pas assez de protection. Ou pire, on découvre qu’on n’est pas couvert le jour où on en a le plus besoin.
Aujourd’hui, je vais vous expliquer exactement comment fonctionne la multirisque habitation, ce qu’elle couvre vraiment, les pièges à éviter, et comment choisir la bonne assurance sans se faire avoir. En 6 étapes claires, vous allez comprendre comment protéger votre logement efficacement. Et je vais vous donner 7 astuces concrètes pour économiser jusqu’à 40% sur votre cotisation tout en étant mieux couvert.
Parce qu’une protection de logement correcte, ça ne devrait pas être un mystère. Ça devrait être simple, clair, et adapté à votre situation. Commençons.
1. Comment comprendre la MRH : définition, principes et périmètre ?
Avant de savoir ce qui est couvert, comprenons ce qu’est vraiment une multirisque habitation.
1.1. Définition : c’est quoi exactement une MRH ?
La multirisque habitation, c’est un contrat d’assurance qui protège votre logement contre plusieurs risques (d’où le “multi”). Incendie, dégâts des eaux, vol, catastrophes naturelles, et aussi votre responsabilité civile si vous causez des dommages à autrui.
Concrètement : Si un incendie ravage votre appartement, l’assurance finance les réparations. Si votre machine à laver fuit et inonde le voisin du dessous, l’assurance paie les réparations chez lui. Si on vous cambriole, l’assurance rembourse (dans les limites du contrat).
C’est LA base de la protection de logement en France. Sans elle, le moindre sinistre peut vous coûter des milliers d’euros.
1.2. Les trois niveaux de garanties
Les assureurs proposent généralement trois formules. Le prix varie énormément selon ce qui est inclus.
Formule de base (ou “économique”) : – Couvre uniquement les risques obligatoires – Responsabilité civile – Incendie, explosion, dégâts des eaux – Catastrophes naturelles et technologiques – Prix : 80-150 €/an pour un locataire
Cette formule suffit si vous avez peu de biens de valeur. Mais attention aux plafonds très bas sur les objets précieux.
Formule intermédiaire (ou “confort”) : – Tout ce qui est dans la base – + Vol, vandalisme – + Bris de glace – + Protection juridique – Prix : 150-250 €/an
La formule la plus souscrite. Bon équilibre entre prix et protection. Mais vérifiez les plafonds objets de valeur.
Formule complète (ou “premium”) : – Tout ce qui est dans l’intermédiaire – + Dommages électriques – + Événements climatiques étendus – + Valeur à neuf (pas de vétusté) – + Assistance dépannage 24/7 – Prix : 250-400 €/an
Pour ceux qui ont beaucoup de biens ou des objets de grande valeur. La différence de prix (100-200 €/an de plus) peut vous faire économiser 2 000-3 000 € en cas de sinistre.
Astuce n°1 : Ne prenez pas automatiquement la formule la moins chère. Si vous avez des objets de valeur (vélo électrique, ordinateur performant, instruments de musique), la formule de base ne suffira pas. Vous perdrez de l’argent au moment du sinistre.
1.3. Qui est couvert par votre MRH ?
Votre contrat couvre plusieurs personnes automatiquement, sans surcoût.
Vous : Le souscripteur du contrat (propriétaire ou locataire)
Votre conjoint : Marié, pacsé, ou en concubinage s’il vit au même domicile. Pas besoin de le déclarer spécifiquement.
Vos enfants : – Mineurs vivant sous votre toit – Majeurs jusqu’à 25 ans s’ils sont étudiants et rattachés à votre foyer fiscal – Attention : Si votre enfant de 22 ans vit dans son propre appartement pour ses études, il faut lui souscrire une MRH séparée (souvent 60-100 €/an pour un studio)
Vos employés de maison : Femme de ménage, baby-sitter, jardinier qui travaillent pour vous à votre domicile
Vos invités : Même les personnes de passage chez vous sont couvertes par votre responsabilité civile
1.4. Ce qui est couvert : le logement ET vos biens
Votre multirisque habitation protège deux choses distinctes. C’est important de comprendre la différence.
Le logement lui-même : – Les murs, sols, plafonds, cloisons – Les installations fixes (cuisine équipée, placards intégrés, parquet collé) – Les équipements (chaudière, VMC, volets roulants, interphone) – La décoration (peinture, papier peint, revêtements muraux)
Pour les locataires, c’est surtout la responsabilité civile qui joue. Si vous causez un incendie, l’assurance rembourse le propriétaire pour les dégâts au logement.
Vos biens mobiliers : – Meubles (canapé, lit, table, armoire, chaises) – Électroménager (frigo, machine à laver, four, micro-ondes) – High-tech (télé, ordinateur, console de jeu, enceintes) – Vêtements et linge de maison – Objets de valeur (bijoux, montres, œuvres d’art, instruments de musique)
Le piège : Les objets de valeur sont souvent plafonnés. Si vous avez une montre à 5 000 €, vérifiez le plafond “objets précieux” de votre contrat. Souvent limité à 2 000-3 000 €. Vous ne seriez indemnisé qu’à hauteur de 3 000 € max.
2. Vol, incendie, dégâts des eaux : êtes-vous bien couvert ?
Les trois risques les plus fréquents en multirisque habitation. Voyons ce qui est vraiment couvert et surtout ce qui ne l’est pas.
2.1. Incendie et explosion : la garantie de base
L’incendie, c’est le risque le plus grave. Heureusement, c’est aussi le mieux couvert.
Ce qui est couvert : – Incendie (feu dans votre logement quelle qu’en soit la cause) – Explosion (chaudière, bouteille de gaz, appareil électrique qui explose) – Foudre (coup de foudre direct sur votre immeuble ou maison) – Fumée (dommages causés par la fumée même sans flammes)
Exemple concret : Votre four prend feu. Les flammes se propagent à la cuisine. La fumée noircit les murs du salon. L’assurance prend en charge la réparation du four, de la cuisine, le nettoyage et le repeint du salon, et le remplacement des meubles brûlés.
Le point critique : Si l’incendie se propage aux logements voisins, votre responsabilité civile (incluse dans la MRH) paie les dégâts chez eux. C’est pour ça que le montant de la responsabilité civile doit être élevé (minimum 5 millions €, idéalement 10 millions).
2.2. Dégâts des eaux : le cauchemar le plus fréquent
Les dégâts des eaux représentent 80% des sinistres en multirisque habitation. C’est le plus fréquent et souvent le plus coûteux.
Ce qui est couvert : – Fuite de canalisation (rupture, gel, usure normale) – Débordement (baignoire oubliée, évier qui se bouche, machine à laver) – Infiltration (toit qui fuit, gouttière bouchée, façade poreuse) – Rupture de flexible (robinet, lave-vaisselle, lave-linge)
Ce qui n’est PAS couvert : – Infiltration progressive par défaut d’entretien (vous deviez réparer le toit depuis 3 ans) – Humidité chronique (murs qui suintent depuis toujours) – Débordement d’aquarium ou de fontaine décorative – Dégâts causés par des travaux que vous faites vous-même
Exemple réel : Le voisin du dessus part en vacances. Son lave-vaisselle fuit pendant 2 semaines. Votre plafond s’effondre, vos meubles sont trempés. Résultat : c’est l’assurance du voisin qui paie (sa responsabilité civile). Pas la vôtre.
Mais si c’est VOTRE fuite qui inonde le voisin du dessous, c’est VOTRE assurance qui paie les dégâts chez lui. D’où l’importance d’avoir un bon contrat.
Astuce n°2 : Prenez des photos de votre logement avant tout départ en vacances (avec la date visible sur les photos). En cas de sinistre pendant votre absence, ça facilite énormément les démarches avec l’assureur.
2.3. Vol et cambriolage : attention aux conditions strictes
Le vol est couvert, mais avec des conditions très précises. C’est là que beaucoup de gens ont de mauvaises surprises.
Ce qui est généralement couvert : – Vol avec effraction (porte forcée, fenêtre cassée, serrure crochetée) – Vol avec agression (vous êtes présent et menacé/agressé) – Vol des clés suivi d’un cambriolage (si vous avez déclaré la perte des clés) – Vandalisme (dégradations commises par les voleurs pendant le cambriolage)
Ce qui n’est souvent PAS couvert : – Vol sans effraction (fenêtre laissée ouverte, porte non fermée à clé) – Vol dans les parties communes (vélo dans le local vélo sans cadenas spécifique) – Vol par un proche ayant accès au logement (ex : colocataire, ex-conjoint) – Escroquerie ou abus de confiance – Vol à la tire ou pickpocket
Les conditions strictes à remplir :
Pour être indemnisé d’un vol, vous devez impérativement prouver l’effraction. Concrètement : – Serrure forcée → Photos + constat de police obligatoires – Fenêtre cassée → Photos + constat de police – Porte défoncée → Photos + constat de police
Pas d’effraction visible = pas d’indemnisation dans 90% des contrats. Même si vous êtes absolument certain qu’on vous a volé.
Le plafond objets de valeur : piège majeur
Si vous vous faites voler : – Un ordinateur portable à 1 200 € – Un vélo électrique à 2 000 € – Une montre à 800 € – Des bijoux pour 1 500 €
Total : 5 500 € de biens volés
Mais votre contrat plafonne les objets de valeur à 3 000 €. Résultat : vous touchez 3 000 €. Vous perdez 2 500 €.
Astuce n°3 : Si vous avez des objets de valeur (vélo >1 000€, ordinateur >1 500€, bijoux, instruments de musique, matériel photo), souscrivez ABSOLUMENT une extension de garantie “objets de valeur”. Ça coûte 20-40 €/an de plus, mais ça peut vous faire économiser 3 000-5 000 € en cas de vol.
2.4. Catastrophes naturelles et événements climatiques
Catastrophes naturelles (couvertes obligatoirement dans tous les contrats) : – Inondation – Tremblement de terre – Avalanche – Coulée de boue – Sécheresse causant des fissures dans les murs
Condition absolue : L’état de catastrophe naturelle doit être décrété par arrêté ministériel et publié au Journal Officiel. Sans ça, pas d’indemnisation au titre des catastrophes naturelles.
Franchise obligatoire : 380 € pour les habitations (fixé par la loi). Vous ne pouvez pas y échapper.
Événements climatiques (pas toujours couverts selon votre formule) : – Tempête, ouragan, tornade – Grêle qui endommage votre toit ou vos fenêtres – Neige (toiture qui s’effondre sous le poids)
Vérifiez votre contrat. Formule de base = souvent exclu. Formule intermédiaire ou complète = généralement inclus.
3. Quelles sont les exclusions, limites et conditions à surveiller ?
Maintenant, les pièges cachés. Ce que votre multirisque habitation ne couvre PAS ou couvre MAL.
3.1. Les exclusions classiques (jamais couvertes)
Certaines choses ne sont JAMAIS couvertes par une MRH standard, quelle que soit la formule.
Dommages intentionnels : – Vous mettez le feu volontairement à votre appartement – Vous cassez vos propres meubles dans un accès de colère – Vous organisez une fête qui détruit votre logement
Guerre, émeute, attentat : – Dommages causés lors de manifestations violentes – Actes de terrorisme (sauf si vous avez une garantie spécifique) – Guerre civile ou conflit armé
Usure normale : – Votre parquet est vieux et abîmé → normal, pas couvert – Votre peinture s’écaille après 10 ans → normal, pas couvert – Votre chaudière tombe en panne par vieillesse → pas couvert
Défaut d’entretien : – Votre toit fuit depuis 2 ans, vous n’avez rien fait, il s’effondre → pas couvert – Votre chaudière n’a pas été entretenue (entretien annuel obligatoire), elle explose → pas couvert
3.2. Les franchises : ce qui reste toujours à votre charge
La franchise, c’est la somme qui reste systématiquement à votre charge en cas de sinistre. Même si l’assurance paie, vous payez aussi votre part.
Exemples de franchises classiques :
| Type de sinistre | Franchise habituelle |
| Dégât des eaux | 150-300 € |
| Incendie | 150-300 € |
| Vol | 200-500 € |
| Catastrophe naturelle | 380 € (légal, non négociable) |
| Bris de glace | 50-150 € |
| Dommages électriques | 200-400 € |
Exemple : Dégât des eaux chez vous. Réparations : 2 000 €. Franchise : 250 €. L’assurance vous rembourse 1 750 €. Vous payez 250 € de votre poche.
Le piège : Si les dégâts coûtent 200 € et que votre franchise est de 250 €, l’assurance ne paie RIEN. Tout est à votre charge.
Astuce n°4 : Vous pouvez négocier une franchise plus basse en acceptant une cotisation légèrement plus élevée. Ou inversement : franchise plus haute = cotisation plus basse. Faites le calcul selon votre profil et votre tolérance au risque.
3.3. Les plafonds cachés qui vous pénalisent gravement
Votre contrat a des plafonds. Souvent écrits en tout petit dans les conditions générales. Personne ne les lit. Mais ils peuvent vous coûter très cher.
Plafond capital mobilier total : – Standard : 20 000-40 000 € – Si vos meubles + électroménager + vêtements + high-tech valent 50 000 €, vous n’êtes couvert qu’à hauteur de 40 000 €. Vous perdez 10 000 €.
Plafond objets de valeur : – Standard : 2 000-3 000 € – Si vous avez 10 000 € de bijoux, montres, instruments, vous n’êtes couvert qu’à 3 000 €. Vous perdez 7 000 €.
Plafond objets précieux unitaires : – Standard : 500-1 000 € par objet – Votre montre vaut 3 000 € ? Vous touchez maximum 1 000 €. Vous perdez 2 000 €.
Plafond espèces et valeurs : – Standard : 300-500 € – Vous aviez 1 500 € en liquide chez vous ? Vous touchez 500 €. Vous perdez 1 000 €.
Le calcul vicieux d’un cambriolage total :
Volé : – Bijoux : 4 000 € – Ordinateur : 1 500 € – Télé : 1 200 € – Espèces : 800 € – Total : 7 500 € de biens volés
Votre contrat : – Plafond objets de valeur : 3 000 € – Plafond espèces : 500 € – Plafond électronique : 2 000 €
Vous touchez : 3 000 + 500 + 2 000 = 5 500 €
Vous perdez définitivement : 2 000 €
3.4. La vétusté : le piège sournois des remboursements
Votre assureur peut appliquer un “abattement pour vétusté”. Concrètement, il déduit la dépréciation de vos biens selon leur âge. Vous ne récupérez pas le prix d’achat, mais la valeur actuelle.
Exemples réels de taux de vétusté appliqués :
| Bien | Âge | Vétusté appliquée |
| Canapé | 5 ans | 30-50% |
| Télévision | 3 ans | 40-60% |
| Électroménager | 7 ans | 50-70% |
| Ordinateur | 4 ans | 60-80% |
| Vêtements | 2 ans | 50-70% |
Exemple concret qui fait mal :
Votre télé a 4 ans. Valeur d’achat à l’époque : 1 000 €. Vétusté appliquée par l’assureur : 50%.
Valeur indemnisée : 1 000 × (100% – 50%) = 500 €
Vous aviez payé 1 000 €. On vous rembourse 500 €. Vous devez ajouter 500 € de votre poche pour racheter une télé équivalente neuve.
Multipliez ça par tous vos biens (canapé, électroménager, ordinateur, vêtements), et vous pouvez perdre facilement 3 000-5 000 € sur un sinistre important.
La solution : garantie “valeur à neuf”
Pour éviter ce piège, souscrivez une garantie “valeur à neuf” ou “rééquipement à neuf”. Plus cher (20-30% de cotisation supplémentaire), mais vous êtes remboursé du prix d’un bien neuf équivalent, sans application de vétusté.
Calcul : Formule de base 150 €/an sans valeur à neuf. Formule avec valeur à neuf : 195 €/an. Surcoût : 45 €/an. En cas de sinistre important, vous économisez 2 000-4 000 €. Ça vaut largement le coup.
4. Comment choisir la bonne MRH : méthode simple et critères clés ?
Maintenant que vous savez ce qui est couvert (et surtout ce qui ne l’est pas), comment choisir la bonne multirisque habitation ?
4.1. Étape 1 : Évaluez la valeur réelle de vos biens
Avant de comparer les contrats, faites l’inventaire honnête de ce que vous possédez. C’est pénible, mais indispensable.
La méthode des pièces :
Prenez une feuille (ou un tableur Excel). Listez par pièce tous vos biens avec leur valeur approximative.
Salon : – Canapé : 1 500 € – Télé : 1 000 € – Table basse : 300 € – Bibliothèque + livres : 800 € – Lampes, déco : 400 € – Sous-total salon : 4 000 €
Chambre : – Lit + matelas : 1 200 € – Armoire : 600 € – Bureau : 400 € – Ordinateur : 1 200 € – Vêtements : 3 000 € (estimez large) – Sous-total chambre : 6 400 €
Cuisine : – Électroménager (frigo, four, micro-ondes, lave-vaisselle) : 2 500 € – Vaisselle et ustensiles : 500 € – Table et chaises : 300 € – Sous-total cuisine : 3 300 €
Total général : 4 000 + 6 400 + 3 300 = 13 700 €
Faites cet exercice pour toutes vos pièces (salle de bain, entrée, bureau, cave). Vous aurez la valeur totale de votre capital mobilier.
Identifiez spécifiquement vos objets de valeur (>500 €) : – Vélo électrique : 2 000 € – Montre : 800 € – Bijoux : 1 500 € – Guitare : 1 000 € – Total objets de valeur : 5 300 €
Si vos objets de valeur dépassent 3 000 €, vous avez impérativement besoin d’une extension de garantie ou d’un contrat avec plafond élevé.
Astuce n°5 : Prenez des photos de tous vos biens de valeur avec les factures d’achat à côté. Stockez ces photos sur un cloud (Google Drive, Dropbox) ou un disque dur externe (surtout PAS uniquement sur votre ordinateur chez vous). En cas de sinistre total (incendie), ça facilite énormément les démarches d’indemnisation.
4.2. Étape 2 : Définissez votre profil de risque
Vous n’avez pas les mêmes besoins selon votre situation personnelle.
Locataire en studio (25 ans, étudiant ou jeune actif) : – Capital mobilier faible (5 000-10 000 €) – Peu d’objets de valeur – Besoin minimum : garantie risques locatifs obligatoire – Formule de base suffit largement (100-150 €/an)
Couple en appartement (35 ans, deux actifs) : – Capital mobilier moyen (20 000-30 000 €) – Quelques objets de valeur (vélos, high-tech, petit électroménager) – Formule intermédiaire recommandée (180-250 €/an)
Famille en maison (45 ans, 2 enfants) : – Capital mobilier élevé (40 000-60 000 €) – Objets de valeur importants (instruments de musique, vélos électriques, équipement sportif, high-tech) – Formule complète + extensions objets de valeur (300-450 €/an)
Propriétaire retraité en villa : – Capital mobilier très élevé (60 000-100 000 € ou plus) – Objets précieux (meubles anciens, œuvres d’art, bijoux de famille, collection) – Formule premium + garanties spécifiques (500-800 €/an)
4.3. Étape 3 : Comparez les contrats sur 7 critères essentiels
Quand vous comparez des devis (comparez-en AU MOINS 3), ne regardez pas que le prix. Analysez ces 7 points critiques :
- Le montant du capital mobilier garanti – Votre capital mobilier réel + 20% de marge de sécurité – Exemple : Si vous avez 25 000 € de biens, prenez un contrat avec capital de 30 000 € minimum
- Le plafond objets de valeur – Si vous avez 5 000 € d’objets précieux, prenez un plafond à 6 000-8 000 € minimum – Ne vous contentez jamais du plafond standard 2 000-3 000 €
- Les franchises – Plus basse = mieux (mais cotisation plus élevée) – Franchise dégât des eaux idéale : 150-200 € max – Franchise vol idéale : 200-300 € max
- La garantie valeur à neuf – Incluse de base dans le contrat ou en option payante ? – Absolument indispensable si vos biens ont plus de 3 ans
- La responsabilité civile – Montant garanti : minimum 5 millions € – Idéalement 10 millions € (ça ne coûte pas plus cher)
- L’assistance et les services inclus – Dépannage d’urgence 24/7 (plombier, serrurier, vitrier) – Relogement temporaire en cas de sinistre grave – Avance sur indemnisation – Garde-meubles
- Les exclusions et conditions particulières – Lisez VRAIMENT les petites lignes – Vérifiez les clauses “défaut d’entretien” – Vérifiez les conditions du vol (effraction obligatoire ?)
Astuce n°6 : Ne comparez JAMAIS uniquement le prix. Un contrat à 120 €/an avec franchise de 500 €, plafond objets de valeur à 1 500 €, et vétusté appliquée est BEAUCOUP MOINS intéressant qu’un contrat à 180 €/an avec franchise 200 €, plafond 5 000 €, et valeur à neuf. Vous économisez 60 €/an, mais vous pouvez perdre 3 000 € en cas de sinistre.
4.4. Étape 4 : Les options à souscrire selon votre situation
Au-delà de la formule de base, certaines options sont quasi indispensables selon votre profil.
Extension “objets de valeur” : – Si vous avez plus de 3 000 € de biens précieux – Coût : +20-40 €/an – Augmente le plafond à 8 000-15 000 € selon contrats
Extension “dommages électriques” : – Couvre la surtension, la foudre indirecte, les courts-circuits – Important si vous avez beaucoup d’électronique (home cinema, serveur informatique, studio musique, ordinateurs multiples) – Coût : +15-30 €/an
Extension “jardin et dépendances” : – Pour maison avec jardin, garage, abri de jardin – Couvre le mobilier de jardin, les outils, le portail, la clôture, les vélos dans le garage – Coût : +30-60 €/an
Garantie “valeur à neuf” ou “rééquipement à neuf” : – Remboursement sans application de vétusté – Indispensable si vos biens ont plus de 2-3 ans – Coût : +20-30% de cotisation (45-60 €/an en plus sur une base de 200 €)
Protection juridique renforcée : – Défense de vos intérêts en cas de litige avec l’assureur, le bailleur, les voisins, la copropriété – Prise en charge des frais d’avocat jusqu’à 10 000-20 000 € selon contrats – Coût : +20-40 €/an
5. Quels sont les obligations, droits et vie du contrat ?
Passons aux aspects légaux et pratiques de votre multirisque habitation. Ce que dit la loi, vos droits, vos obligations.
5.1. L’obligation d’assurance : qui doit s’assurer ?
Tout le monde ne pas est obligé de s’assurer. Mais c’est quand même fortement recommandé.
Locataires : Obligation légale absolue (loi du 6 juillet 1989, article 7)
Vous DEVEZ avoir au minimum une garantie “risques locatifs” qui couvre : – Incendie – Dégâts des eaux – Explosion
Le propriétaire peut (et va) vous demander une attestation d’assurance : – À la signature du bail (obligatoire) – Chaque année à la date anniversaire du bail (dans les 2 mois)
Pas d’assurance = le propriétaire peut résilier le bail immédiatement. Vous vous retrouvez à la rue.
Propriétaires occupants : Aucune obligation légale
Mais c’est une folie de ne pas s’assurer. Si vous causez un incendie qui se propage aux 5 appartements voisins, vous êtes responsable civilement. Sans assurance, vous payez tout de votre poche. Ça peut se chiffrer en centaines de milliers d’euros. Ruine assurée.
Copropriétaires : Obligation d’assurer votre lot
Vous devez assurer votre appartement au minimum pour votre responsabilité civile vis-à-vis de la copropriété et des autres copropriétaires. C’est souvent dans le règlement de copropriété.
Propriétaires bailleurs : Assurance “Propriétaire Non Occupant” (PNO) obligatoire
Si vous louez votre bien, vous devez souscrire une PNO qui couvre : – Les dommages au bâtiment si le locataire n’est pas assuré ou si son assurance ne couvre pas tout – Votre responsabilité civile en tant que propriétaire – Les périodes de vacance locative (entre deux locataires)
5.2. Comment résilier ou changer d’assurance facilement
Depuis la loi Hamon (2015), résilier une multirisque habitation est devenu ultra simple.
Résiliation après 1 an de contrat (loi Hamon) :
Vous pouvez résilier à tout moment après la première année. Sans frais. Sans justification. Sans avoir à attendre l’échéance.
Procédure : 1. Envoyez une lettre recommandée avec AR à votre assureur (ou mail si votre contrat le permet) 2. Effet de la résiliation : 1 mois après réception par l’assureur 3. L’assureur vous rembourse le trop-perçu au prorata (si vous aviez payé l’année entière)
Résiliation à l’échéance annuelle (droit classique) :
Vous pouvez aussi résilier à la date anniversaire de votre contrat. Préavis de 2 mois avant l’échéance.
Changement facilité (encore mieux) :
Si vous changez d’assureur, le nouvel assureur peut gérer toute la procédure de résiliation de votre ancien contrat. Vous signez le nouveau contrat, ils s’occupent du reste. Zéro paperasse pour vous.
Astuce n°7 : Comparez votre MRH tous les 2 ans minimum. Les tarifs évoluent, les offres changent. Vous pouvez facilement économiser 20-40% (soit 50-100 €/an) en changeant d’assureur tout en gardant exactement les mêmes garanties, voire meilleures.
5.3. Augmentation de cotisation : vos droits
Votre assureur peut augmenter votre cotisation à l’échéance annuelle. Mais vous avez des droits.
Si l’augmentation est liée à l’indice de référence : Normal et accepté
Les contrats MRH sont généralement indexés sur l’indice FFB (Fédération Française du Bâtiment) ou l’indice du coût de la construction. Augmentation de 1-3% par an = normal.
Si l’augmentation dépasse 5% sans raison : Droit de résiliation spécial
Vous avez le droit de résilier dans les 30 jours suivant la notification de l’augmentation. Effet immédiat dès réception de votre courrier. Sans pénalité.
Si vous avez eu des sinistres :
L’assureur peut appliquer une surprime ou un malus. Exemple : 2 sinistres dégâts des eaux en 2 ans → augmentation possible de 20-30% à la prochaine échéance.
La solution : Comparez immédiatement avec d’autres assureurs. Certains ne pénalisent pas du tout les sinistres passés, surtout si vous n’étiez pas responsable.
5.4. Déménagement : que faire de votre assurance ?
Vous déménagez. Que faire de votre multirisque habitation ? Plusieurs options selon votre situation.
Cas 1 : Vous restez locataire (ou propriétaire) et déménagez
Vous pouvez transférer votre contrat actuel sur votre nouveau logement. Totalement gratuit.
Procédure : 1. Prévenez votre assureur minimum 3 mois avant (ou dès que vous connaissez la date de déménagement) 2. Fournissez l’adresse précise du nouveau logement 3. L’assureur ajuste la cotisation selon la nouvelle situation (surface, localisation, étage, système de sécurité, valeur du logement)
Cas 2 : Vous changez de statut (locataire → propriétaire ou inversement)
Vous pouvez résilier votre contrat actuel sans frais ni pénalité. Justificatif obligatoire : nouveau bail ou acte de vente.
Effet de résiliation : généralement immédiat ou 1 mois après notification.
Cas 3 : Vous voulez profiter du déménagement pour changer d’assureur
Bonne stratégie. Profitez-en pour comparer les offres. Résiliez l’ancien contrat (avec justificatif déménagement), souscrivez le nouveau pour la date exacte d’emménagement.
CRITIQUE : Assurez-vous qu’il n’y a AUCUN jour sans couverture entre l’ancien et le nouveau logement. Si un sinistre arrive pendant un jour non couvert (même 24h), vous n’êtes indemnisé par personne. Vous payez tout.
5.5. Les déclarations obligatoires en cours de contrat
Certains changements importants dans votre vie ou votre logement doivent obligatoirement être déclarés à votre assureur. Oubli = risque de non-indemnisation.
Augmentation significative de la valeur de vos biens : – Vous achetez pour 10 000 € de meubles neufs → déclarez dans le mois – Vous héritez d’objets de valeur (bijoux, meubles anciens) → déclarez – Sans déclaration, vous êtes sous-assuré. En cas de sinistre, l’assureur applique une règle proportionnelle et réduit votre indemnisation.
Changements dans votre situation familiale : – Vous vous mariez / vous vous pacsez → déclarez (conjoint à ajouter au contrat) – Divorce ou séparation → déclarez (ex-conjoint à retirer) – Naissance d’un enfant → déclarez – Enfant devenu majeur qui part vivre ailleurs → déclarez (il faut lui souscrire sa propre MRH)
Modifications importantes du logement : – Vous ajoutez une piscine ou un spa → déclarez (augmentation du risque) – Vous faites construire un garage ou une véranda → déclarez – Vous installez un système d’alarme ou de vidéosurveillance → déclarez (possibilité de réduction de cotisation 5-10%)
Changement d’usage du logement : – Vous louez une chambre sur Airbnb régulièrement → déclarez impérativement (changement d’usage = risque différent) – Vous installez un bureau professionnel à domicile (freelance, profession libérale) → déclarez – Vous transformez une partie en local commercial → déclarez
Conséquences d’une non-déclaration : L’assureur peut : – Réduire l’indemnisation proportionnellement (si vous étiez sous-assuré) – Refuser totalement de vous indemniser (si le sinistre est lié au changement non déclaré) – Annuler le contrat rétroactivement dans les cas très graves (fraude avérée)

6. Qu’en est-il de : Sinistre habitation ?
Le sinistre arrive. Que faire immédiatement pour être bien indemnisé et ne pas perdre d’argent ?
6.1. Les délais de déclaration à respecter ABSOLUMENT
Délai général : 5 jours ouvrés (du lundi au vendredi)
Pour la majorité des sinistres (dégât des eaux, incendie, vol, bris de glace), vous avez 5 jours ouvrés maximum à compter de la date de découverte du sinistre pour le déclarer à votre assureur.
Délai catastrophe naturelle : 10 jours
Après la publication officielle de l’arrêté de catastrophe naturelle au Journal Officiel de la République Française.
Délai vol : 2 jours ouvrés
Certains contrats exigent une déclaration encore plus rapide pour les vols. Vérifiez votre contrat.
Si vous dépassez le délai légal : L’assureur peut légalement refuser de vous indemniser complètement. Ou appliquer une pénalité importante (réduction de 20-50% de l’indemnisation). Ne prenez AUCUN risque. Déclarez immédiatement.
Exception possible : Si vous étiez dans l’impossibilité totale de déclarer (hospitalisé en urgence, absent du territoire pour raison majeure prouvée), le délai peut être suspendu. Mais il faut le prouver avec certificats médicaux, billets d’avion, etc.
6.2. Comment déclarer un sinistre : procédure complète étape par étape
Étape 1 : Sécurisez immédiatement les lieux
Avant toute démarche administrative, protégez-vous et protégez les autres.
- Dégât des eaux : Coupez l’eau au compteur général
- Risque électrique : Coupez l’électricité au disjoncteur
- Incendie : Évacuez, appelez les pompiers (18 ou 112)
- Fumée ou gaz : Ouvrez toutes les fenêtres, évacuez
- Vol : Ne touchez à rien avant l’arrivée de la police
Étape 2 : Faites constater officiellement les dégâts
Pour un vol ou cambriolage : – Appelez la police ou la gendarmerie immédiatement (17) – Déposez plainte au commissariat (OBLIGATOIRE pour l’indemnisation) – Obtenez le récépissé de dépôt de plainte (document officiel indispensable)
Pour un dégât des eaux : – Remplissez un constat amiable dégât des eaux avec le responsable ou ses voisins (si la fuite vient de chez eux) – Si vous ne savez pas d’où vient la fuite, appelez un plombier en urgence pour identifier la source et stopper – Demandez une facture détaillée de l’intervention
Pour un incendie : – Les pompiers rédigent automatiquement un rapport d’intervention → demandez-en une copie – Identifiez si possible la cause du départ de feu (four, électricité, cigarette, etc.)
Étape 3 : Prenez un maximum de photos et vidéos
C’est CRITIQUE pour l’indemnisation. Plus vous avez de preuves visuelles, mieux c’est.
Photos obligatoires de : – Vue d’ensemble de toutes les pièces touchées (plusieurs angles) – Chaque objet endommagé individuellement (plusieurs photos par objet) – Tous les dégâts aux murs, plafonds, sols, portes, fenêtres – Les traces visibles de l’origine du sinistre (point de départ incendie, trace de la fuite, point d’effraction) – L’état général avant travaux/réparations
Prenez aussi des vidéos en faisant un tour complet du logement. Commentez à voix haute ce que vous filmez.
Étape 4 : Faites une liste exhaustive et détaillée des biens endommagés ou volés
Créez un tableau complet avec : – Désignation précise de l’objet (marque, modèle, couleur) – Date d’achat (approximative si vous ne savez plus) – Prix d’achat à l’époque – État au moment du sinistre (neuf, bon, moyen, usagé) – Prix de remplacement actuel (regardez sur internet)
Joignez toutes les factures que vous avez. Si vous n’avez pas de factures, faites des estimations réalistes (pas gonflées, l’expert s’en rendra compte).
Étape 5 : Déclarez officiellement le sinistre à votre assureur
Trois moyens possibles selon votre préférence :
En ligne : Espace client sur le site de votre assureur – Avantage : Rapide, confirmation immédiate, upload des photos directement – Inconvénient : Pas de preuve papier de la date
Par téléphone : Numéro dédié sinistres (généralement différent du numéro client classique) – Avantage : Guidé par un conseiller, conseils en direct – Inconvénient : Risque d’oubli d’infos, pas de trace écrite immédiate
Par courrier recommandé avec accusé de réception : Recommandé si vous voulez une preuve absolue – Avantage : Preuve certaine de la date de déclaration (AR fait foi) – Inconvénient : Plus lent (2-3 jours de délai postal)
Informations obligatoires à fournir : – Votre numéro de contrat – La date et l’heure exactes du sinistre (ou de sa découverte) – Les circonstances détaillées (racontez précisément ce qui s’est passé) – La liste complète des dégâts et pertes – Les photos et vidéos – Tous les documents officiels (constat amiable, récépissé de plainte, rapport pompiers, facture plombier, devis de réparation si vous en avez déjà)
6.3. L’expertise : comment ça se passe concrètement ?
Si les dégâts sont importants (généralement au-delà de 3 000-5 000 €), l’assureur mandate un expert indépendant.
Rôle de l’expert : – Évaluer précisément l’étendue des dégâts – Déterminer la cause exacte du sinistre – Estimer le montant total des réparations nécessaires – Vérifier que les garanties de votre contrat s’appliquent bien – Identifier d’éventuelles responsabilités tierces
Ce que vous pouvez (et devez) faire : – Être présent lors de l’expertise (FORTEMENT recommandé, ne laissez pas l’expert seul) – Vous faire assister par un expert d’assuré indépendant (à vos frais : 300-800 €, mais peut augmenter l’indemnisation de 20-30% = gain net de 1 500-3 000 € sur un gros sinistre) – Contester le rapport d’expertise si vous n’êtes vraiment pas d’accord
Le rapport d’expertise final :
L’expert rédige un rapport officiel qui détermine : – Les causes exactes et détaillées du sinistre – La responsabilité (vous, un tiers, un cas fortuit) – L’étendue précise des dégâts (liste exhaustive) – Le montant de l’indemnisation proposée (chiffrage détaillé)
Si vous contestez sérieusement ce rapport : Vous pouvez demander une contre-expertise (à vos frais), ou faire appel au médiateur de l’assurance, ou en dernier recours saisir la justice.
6.4. Indemnisation : calcul, montant, délai de versement
Indemnisation en “valeur à neuf” (si vous avez souscrit cette garantie) :
Vous touchez le prix actuel d’un bien neuf équivalent sur le marché, sans aucun abattement pour vétusté.
Exemple : Votre canapé de 5 ans est détruit. Valeur d’achat à l’époque : 1 500 €. Vous touchez 1 500 € (ou le prix actuel d’un canapé équivalent neuf si les prix ont changé).
Indemnisation en “valeur vénale” ou “valeur d’usage” (si vous n’avez PAS la garantie valeur à neuf) :
Valeur du bien au moment du sinistre = prix d’achat initial – vétusté appliquée selon l’âge.
Exemple identique : Canapé 5 ans, vétusté 40%. Indemnisation : 1 500 × 60% = 900 € seulement
Franchise systématiquement déduite :
Sur le montant total de l’indemnisation calculée, on déduit toujours la franchise prévue au contrat.
Exemple complet : – Dégâts évalués : 5 000 € – Franchise contractuelle : 300 € – Vous touchez effectivement : 4 700 €
Si les dégâts sont inférieurs à la franchise (ex : dégât de 250 € avec franchise de 300 €), vous ne touchez rien. Tout reste à votre charge.
Délai légal d’indemnisation :
L’assureur est légalement obligé de vous verser l’indemnisation dans les 30 jours maximum suivant l’accord définitif sur le montant (après expertise, échanges, et acceptation des deux parties).
Si retard injustifié de sa part : Application automatique d’intérêts de retard (taux légal en vigueur + 2 points supplémentaires). Vous pouvez les réclamer.
6.5. Contestation et recours si vous n’êtes pas d’accord
Vous trouvez l’indemnisation proposée trop faible ou injuste ? Vous avez plusieurs recours.
Étape 1 : Négociation amiable directe avec l’assureur
Avant tout, tentez de négocier calmement mais fermement. Expliquez pourquoi vous contestez le montant. Fournissez des preuves supplémentaires : – Devis de professionnels (plombier, électricien, menuisier, décorateur) – Factures d’achat des biens détruits – Photos supplémentaires que vous n’aviez pas fournies – Témoignages de voisins ou proches
Dans 40-50% des cas, l’assureur revoit sa proposition à la hausse après négociation.
Étape 2 : Saisir le médiateur de l’assurance (gratuit et rapide)
Si la négociation directe échoue, saisissez le médiateur de l’assurance. Service totalement gratuit. Indépendant de votre assureur.
Procédure : 1. Vérifiez que vous avez épuisé tous les recours amiables internes avec l’assureur (courriers, emails, appels) 2. Déposez une demande en ligne sur le site officiel de La Médiation de l’Assurance 3. Le médiateur examine votre dossier de manière neutre et indépendante 4. Il rend un avis motivé sous 90 jours maximum
L’avis du médiateur n’est juridiquement pas contraignant pour les parties, mais dans plus de 70% des cas, les assureurs suivent la recommandation du médiateur pour éviter d’aller plus loin.
Étape 3 : Action en justice (en dernier recours)
Si même le médiateur ne règle pas le litige à votre satisfaction, vous pouvez saisir le tribunal compétent (tribunal judiciaire si montant >10 000 €, tribunal de proximité si montant <10 000 €).
Mais attention : ça coûte cher (avocat obligatoire au-delà d’un certain montant, frais de justice, expertise judiciaire éventuelle, temps très long).
Bonne nouvelle : Si vous avez souscrit une protection juridique dans votre MRH (ou une protection juridique séparée), elle prend en charge tous ces frais jusqu’à 10 000-20 000 € selon les contrats. Sans elle, vous pouvez dépenser 3 000-5 000 € de frais rien que pour récupérer 8 000 € d’indemnisation. Faites le calcul.
6.6. Les 5 erreurs fatales à ne JAMAIS commettre après un sinistre
Erreur n°1 : Jeter les objets endommagés ou les débris avant l’expertise
Gardez absolument TOUT jusqu’à ce que l’expert soit passé et ait constaté. Même les objets partiellement détruits, même les débris. L’expert doit pouvoir constater de ses propres yeux l’étendue réelle des dégâts.
Si vous jetez avant, l’assureur peut légitimement contester l’ampleur des dégâts et réduire drastiquement l’indemnisation.
Erreur n°2 : Commencer les réparations avant l’accord écrit de l’assureur
Sauf urgence absolue vitale (fuite d’eau active à arrêter, sécurisation immédiate de la porte après effraction, risque d’effondrement), N’effectuez AUCUNE réparation avant l’accord explicite et écrit de l’assureur.
Si vous réparez avant, l’assureur peut contester la réalité et l’étendue des dégâts initiaux, et diminuer fortement votre indemnisation (voire refuser totalement).
Erreur n°3 : Ne pas déclarer TOUS les dégâts, même les petits
Même les dégâts mineurs : déclarez-les systématiquement dès le départ. Une fois que le dossier sinistre est officiellement clos et l’indemnisation versée, vous ne pouvez plus revenir en arrière pour réclamer des dégâts “oubliés” ou découverts plus tard.
Exemple : Dégât des eaux. Vous déclarez les dégâts au salon. Trois semaines après, vous découvrez que l’eau a aussi abîmé le parquet de la chambre. Trop tard, dossier clos, vous ne pouvez plus le réclamer.
Erreur n°4 : Accepter la toute première offre sans négocier ni discuter
L’offre initiale de l’assureur est systématiquement au minimum légal. C’est leur stratégie. Ils savent que beaucoup de gens acceptent sans broncher.
Négociez toujours. Demandez des justifications détaillées. Fournissez vos propres devis de professionnels. Contestez la vétusté appliquée si elle vous semble excessive.
En moyenne, une négociation bien menée permet d’augmenter l’indemnisation de 15-25% (soit 750-1 500 € de plus sur un sinistre de 5 000 €).
Erreur n°5 : Ne pas se faire assister par un expert indépendant pour un sinistre très important
Si les dégâts estimés dépassent largement 10 000 €, faites absolument appel à un expert d’assuré indépendant (cabinet spécialisé) pour vous assister.
Coût : 500-1 500 € selon complexité. Gain moyen constaté : 2 000-5 000 € d’indemnisation supplémentaire.
Bilan net : vous gagnez largement au final. Et surtout, vous êtes sûr d’être traité équitablement.
Vous savez maintenant absolument tout ce qu’il faut savoir sur la multirisque habitation. Ce n’est vraiment pas sorcier. C’est juste qu’on ne vous explique jamais clairement et honnêtement ce qui est couvert, ce qui ne l’est pas, et comment faire les bons choix.
Rappelez-vous les 7 astuces essentielles qui peuvent vous faire économiser des milliers d’euros :
- Ne prenez jamais la formule la moins chère automatiquement si vous avez des objets de valeur (vélo, ordinateur, instruments, bijoux)
- Prenez systématiquement des photos de votre logement avant chaque départ en vacances (avec date visible)
- Souscrivez une extension “objets de valeur” dès que vous avez plus de 3 000 € de biens précieux (coût : 20-40 €/an, économie potentielle : 3 000-5 000 €)
- Négociez votre franchise selon votre profil de risque (franchise plus haute = cotisation plus basse, mais plus à payer en cas de sinistre)
- Photographiez tous vos biens de valeur avec les factures et stockez sur un cloud externe (pas chez vous)
- Comparez votre MRH tous les 2 ans minimum pour économiser facilement 20-40% (50-100 €/an) en changeant d’assureur
- Comparez toujours au moins 3 devis avant de souscrire : un contrat à 120 €/an avec de mauvaises garanties vous coûtera finalement beaucoup plus cher qu’un contrat à 180 €/an avec d’excellentes garanties
Maintenant, passez à l’action concrète cette semaine. Sortez votre contrat actuel de MRH. Lisez-le vraiment. Vraiment. Vérifiez précisément : – Le montant du capital mobilier garanti – Le plafond objets de valeur – Le montant des franchises – La présence (ou absence) de la garantie valeur à neuf – Les exclusions
Si votre contrat ne vous protège pas correctement après cette lecture, changez-en. Vous avez le droit légal de résilier à tout moment après 1 an de contrat. Profitez-en.
Et si vous souscrivez une multirisque habitation pour la toute première fois, ne signez surtout pas le premier contrat venu en 10 minutes par téléphone. Comparez sérieusement au moins 3 devis différents. Posez toutes les bonnes questions. Vérifiez méticuleusement les garanties réelles. Lisez les exclusions en détail.
Parce qu’une protection de logement vraiment efficace, ce n’est absolument pas un luxe inutile. C’est votre tranquillité d’esprit au quotidien. C’est savoir avec certitude que si le pire arrive demain (incendie, cambriolage, dégât des eaux majeur), vous ne vous retrouvez pas personnellement avec 5 000-10 000 € de dégâts à payer entièrement de votre poche.
Et ça, franchement, ça vaut largement les 15-20 minutes qu’il faut investir pour choisir intelligemment le bon contrat adapté à votre situation personnelle, non ?
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Les informations publiées sur AssurClic.fr ont un caractère informatif et général. Elles ne constituent pas un conseil en assurance personnalisé. Pour une recommandation adaptée, consultez un courtier agréé inscrit à l’ORIAS.



