Vous avez une ALD et vous pensiez être couvert à 100 % ? C’est vrai… mais seulement en partie. Beaucoup de Français en affection longue durée découvrent trop tard que certains soins restent entièrement à leur charge. Voici ce que personne ne vous explique clairement à la CPAM.
Le 100 % ALD, ça veut dire quoi exactement ?
Quand on parle de prise en charge à 100 % Sécurité sociale, ça ne signifie pas que tout est gratuit. Ça signifie que les actes en rapport direct avec votre ALD sont remboursés à 100 % du tarif de base fixé par la Sécu.
Trois pièges que personne ne vous signale :
- Les dépassements d’honoraires : un cardiologue secteur 2 à Paris facture souvent 80 € pour une consultation remboursée 28 €. La différence reste pour vous.
- Les actes hors ALD : tout ce qui ne concerne pas directement votre maladie reconnue est remboursé comme pour n’importe quel assuré lambda.
- Les soins exclus du remboursement : certains actes ne sont tout simplement pas pris en charge par l’Assurance Maladie, quelle que soit votre situation.
Que reste-t-il vraiment à votre charge ?

Les lunettes
C’est le cas le plus fréquent. Même avec une ALD et remboursement lunettes, la Sécu ne couvre l’optique que si votre trouble visuel est directement lié à votre ALD — ce qui est rarissime. Un patient diabétique de type 2, par exemple, ne sera pas mieux remboursé sur ses lunettes qu’avant son ALD.
En France, une paire avec verres progressifs coûte entre 300 et 800 € chez des enseignes comme Krys ou Atol. Le remboursement Sécu plafonne à quelques dizaines d’euros.
Les soins dentaires
Un implant dentaire coûte entre 1 500 et 2 500 € à Paris, Lyon ou Bordeaux. Le remboursement de base est quasi nul, sauf pour certaines prothèses couvertes par le dispositif 100 % Santé — et encore, uniquement sur les gammes définies par décret.
La chambre particulière à l’hôpital
Hospitalisé à l’AP-HP ou dans un CHU en région ? Une chambre individuelle coûte entre 50 et 80 € par nuit, non remboursée par la Sécu, même en ALD.
Les praticiens non conventionnés
Ostéopathe, psychologue libéral, diététicien… Ces professionnels sont très sollicités en France, mais la Sécurité sociale ne les rembourse pas, avec ou sans ALD. Comptez entre 50 et 80 € la séance selon la ville.
Comment les Français s’en sortent concrètement
En France, face aux restes à charge, la plupart des patients en ALD combinent plusieurs solutions :
- Une mutuelle complémentaire santé — indispensable pour absorber les dépassements et les soins non remboursés
- Le dispositif 100 % Santé — pour les lunettes, appareils auditifs et prothèses dentaires sur des gammes encadrées
- La Complémentaire Santé Solidaire (CSS) — accessible sous conditions de ressources, elle couvre une grande partie des restes à charge. À demander directement sur ameli.fr
- Les aides locales — certaines mairies comme Paris ou Strasbourg proposent des aides à la complémentaire santé pour les revenus modestes
Bon à savoir : La CSS est souvent méconnue des patients en ALD alors qu’elle peut réduire drastiquement le reste à charge. Vérifiez votre éligibilité avant de souscrire une mutuelle classique.
Pour avoir une vue complète sur tous les soins que la Sécu ne prend pas en charge, l’article :Actes non remboursés par la Sécurité sociale : la liste complète et les solutions pour les seniors vous donnera une liste exhaustive avec les solutions adaptées.

Quelles sont les erreurs fréquentes à éviter ?
Erreur n°1 — Croire que l’ALD couvre tout. Seuls les actes inscrits dans votre protocole de soins — le document signé par votre médecin traitant et validé par la CPAM — sont pris en charge à 100 %.
Erreur n°2 — Ne pas déclarer tous ses spécialistes à la CPAM. Si votre spécialiste n’est pas mentionné dans votre dossier ALD, ses consultations peuvent être remboursées au taux standard, soit 70 % seulement.
Erreur n°3 — Oublier de renouveler son ALD. Une ALD est accordée pour une durée limitée, souvent 5 ans. Sans renouvellement, vous perdez automatiquement vos droits — sans que la Sécu vous prévienne forcément.
Erreur n°4 — Penser que l’ALD remplace la mutuelle. C’est l’erreur la plus coûteuse. Sans complémentaire, les dépassements et soins non remboursés peuvent rapidement représenter plusieurs centaines d’euros par an.
Pour bien choisir votre couverture et ne pas surpayer, découvrez Forfaits mutuelle : comment couvrir les actes non remboursés un guide pratique pour comparer les offres adaptées à votre profil.
Avoir une ALD, c’est une protection réelle — mais elle a des angles morts que beaucoup de patients découvrent au mauvais moment, face à la facture. Anticiper ces restes à charge, bien choisir sa mutuelle et relire son protocole de soins, c’est la base pour éviter les mauvaises surprises. Votre santé mérite mieux qu’une lecture diagonale de votre courrier Ameli.
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